MARTINIQUE, 7 et 8 février

Nous quittons Ste Lucie le 7 au matin pour une belle navigation avec 15-20 noeuds de vent de travers; destination l'Anse d'Arlet à  La Martinique.

Au cours de la navigation, nous sommes intrigués par un oiseau ressemblant à  un goéland, mais marron, et qui plane en tournant autour du bateau. Une recherche sur internet nous apprend qu'il s'agit d'un fou  brun et qu'il se nourrit de poissons volants.

A la petite Anse d'Arlet, nous plantons la pioche non loin de l'église, qui constitue un amer remarquable; puis baignade sur la plage, clearance d'entrée sur le territoire français  et retour au bateau pour admirer le coucher de soleil. A ce moment, un cinq mats sous voiles passe en ombre chinoise devant les dernières lueurs. Superbe!

Après la séance photo, un échange de mails avec les bateaux Kusupa et Anthéos nous apprend que ce dernier se trouve au mouillage dans la même baie que nous. Lionel viendra à  la nage le lendemain matin nous faire un petit coucou!

Devant l'église d'Arlet

Coucher de soleil à Arlet

Mais la fin des vacances approche pour Françoise et nous devons retourner au Marin. Le vent en plein dans le nez nous oblige à faire route au moteur pour passer entre l'île et le Rocher du Diamant.

A l'entrée de la marina, c'est l'heure de grande affluence et un employé doit faire la police pour quelques bateaux trop pressés. Heureusement que j'avais réservé une place! Et pour bien terminer ces vacances, c'est langoustes grillées dans un restaurant de la marina et soirée dansante grace à  un groupe qui joue devant la terrasse. Qui l'eut cru???

Le lendemain soir, Françoise reprend l'avion. Moins drôle...

Le Rocher du Diamant

"La passe des fous", entre la Martinique et le Rocher du Diamant

SAINTE LUCIE, Marigot Bay, 6 février

En quittant Mayreau, nous faisons un arrêt à Béquia pour faire notre clearance de sortie. Car Ste Lucie ne fait pas partie des Grenadines. 

Après la baignade de l'après-midi nous quittons le mouillage à 17h30 pour une nav' de nuit. Navigation tranquille, nous faisons des quarts de deux heures. Et à  6 heures, arrivés sous le vent de l'île nous devons démarrer le moteur faute de vent.

Mon guide de navigation des Antilles présentait Marigot Bay comme LA crique "carte postale". Et il n'y a pas tromperie sur la marchandise! Du large, un petit chenal mène à un véritable trou à  cyclones ceinturé par les cocotiers côté  mer et la mangrove côté terre. Le cadre fait penser à  Françoise aux bayous de Louisiane, sans les crocodiles! Comme presque partout, un boat-boy nous aide à  nous amarrer sur une bouée, moyennant quelques dollars évidemment. Plusieurs autres viendront nous proposer des fruits et légumes ou du poisson.

Comme la nuit a été courte, nous nous accordons une petite sieste. Mais je suis réveillé par des coups frappés sur la coque et une voix appelant "Kerpage". En sortant, je découvre un couple dans un taxi-boat qui se présente comme des amis de l'ancien propriétaire, et ont reconnu le bateau. Le monde est petit quelquefois!

L'après-midi, baignade obligatoire bien sûr. Puis nous recroisons les allemands que nous avions remorqués à  Union. Toujours avec leur problème de moteur...

Marigot Bay, côté mer

Marigot Bay, côté trou à cyclones

MAYREAU, 3 février

A quelques milles d'Union se trouve l'île de Mayreau. Comme les Tobago Cays, elle fait partie du "Tobago Cays Marine Park".

Un ami de Françoise lui avait vanté le charme d'un petit mouillage, Salt Whistle Bay. Nous y sommes donc arrivés tôt pour être sûrs de pouvoir mouiller dans cette petite baie. Jusqu'à  11h du matin l'endroit est magique: quelques bateaux, une petite baie en demi-cercle bordée de cocotiers. Et surtout, à proximité des "lolos" (petits restaurants de plage), les vendeuses de t-shirts et paréos étendent leurs marchandises sur de grands fils à linges, ce qui ajoute d'autres couleurs au décor. 

A midi, toutes les places pour mouiller sont occupées. Du moins, c'est ce que nous pensons. Car en fin de journée arrivent les multicoques-charters qui n'ont pas nos problèmes de tirant d'eau. Ils se faufilent entre les bateaux pour mouiller à  quelques mètres de la plage. La si jolie plage du matin ressemble alors à un parking pour campings cars...

Pendant cette soirée, nous observons les vols de nombreuses chauves souris; certaines semblant même entrer dans le bateau par le hublot avant et ressortir par la descente. Le lendemain matin nous trouvons les chauves souris beaucoup moins sympathiques: nous venons d'être victimes d'une deuxième attaque sur nos bananes! Comme à Mustique tout l'intérieur du bateau est salit par les résidus de bananes déchiquetées. Au moins, nous comprenons pourquoi la première fois nous n'avons pas entendu les vols des oiseaux!

La plage de Salt Whistle Bay

L'après-midi, une balade nous amènera au village qui nous donnera une curieuse impression de désertification, malgré plusieurs petits restaurants qui tentent d'attirer les plaisanciers. Sur la plage au pied du village, tous les transats empilés à proximité d'un centre de vacances fermé accentueront cette impression.

Restaurant au village de Mayreau

PETIT SAINT VINCENT, MORPION, PALM ISLAND, 1er et 2 février

Au départ d'Union, nous allons découvrir d'autres petites iles. D'abord Petit Saint Vincent qui, comme Mustique, est une ile privée. La plage est déserte et nous voulons débarquer avec l'annexe. Mais un employé à vélo surveille son territoire et nous indique que les annexes sont interdites sur la plage. Un petit ponton, près  du bar restaurant est prévu pour débarquer. Nous nous baignons, seuls, sur le tronçon de la plage autorisé aux touristes. Un peu plus loin, des panneaux indiquent qu'ensuite c'est " Reserved guests only"...

Ciel couvert à Petit Saint Vincent

Le lendemain, en quittant PSV, nous passons devant un minuscule îlot, Morpion, qui a pour seul relief un parasol! Nous avions prévu de nous y arrêter pour quelques photos mais le ciel couvert et surtout quelques récifs que nous voyons au dernier moment nous incitent à poursuivre notre navigation vers Palm Island.

Morpion, entre Union et Petit Saint Vincent

A un jet de pierre à l'est d'Union, se trouve Palm Island. Celle-ci porte son nom grace à un circumnavigateur tombé amoureux de l'ile et qui planta la cocoteraie. Maintenant, les bungalows d'un complexe hôtelier se cachent sous les cocotiers.

Encore une fois, l'eau est d'une limpidité extraordinaire. Alors que nous mouillons par 8 ou 10 mètres de fond, nous voyons nettement la chaîne et l'ancre sur le sable blanc.

L'eau limpide de Palm Island

UNION, 31 janvier et 2 février

A quelques milles des Tobago Cays se trouve l'île d'Union. Nous nous amarrons dans le port de Clifton, qui est un des deux villages de l'île. La rue principale du village est bordée de nombreuses petites boutiques très colorées et les commerçants sont très...motivés. L'un d'entre eux qui voulait absolument nous vendre ses légumes découpe pour nous une noix de coco pour nous faire goûter l'eau qui se trouve à l'intérieur. Comme nous lui indiquons que nous aimerions acheter du poisson, le marchand de légumes se transforme en poissonnier et nous amène une bonite quelques minutes plus tard!

Dans un coin du port, un petit quai a été aménagé pour l'amarrage des annexes. Quand nous nous apprétons à reprendre la notre, un jeune allemand qui a un moteur récalcitrant nous demande si nous pouvons le remorquer jusqu'à son bateau. La zone de mouillage de Clifton est vaste et coupée en deux par une "caye" (zone de hauts fonds), ce qui nous oblige à faire un détour assez important. Pour nous remercier du remorquage, nous repartirons du bateau allemand avec un pack de six bières ! Mais c'était le lendemain de la soirée "Big Mama" et ce soir là nous n'avons pas touché à  la bière...

Boutiques à Clifton

Bar restaurant sur un petit îlot face à Clifton

Nous reviendrons à Union quelques jours plus tard, après avoir visité les iles environnantes. Ce jour là, un groupe de femmes en tenues traditionnelles chantent et dansent sur le port, accompagnées par des percussionnistes. Quand nous nous renseignons sur les raisons de cette manifestation, nous apprenons que les locaux fêtent chaque samedi l'arrivée du ferry qui amène des vivres fraîches pour la semaine à venir. Toutes ces iles des Grenadines, à part Saint Vincent, sont très arides et il n'y a donc pas de cultures; pas d'élevage non plus bien sûr, mis à part quelques chèvres et moutons et les deux vaches que Françoise a croisées à Canouan! L'arrivée du ferry est donc un moment important pour la vie de l'île.

Arrivée du ferry à Clifton

Le comité d'accueil du ferry

Ce même jour, nous avons recroisé nos amis du bateau Kusupa. Rendez-vous est pris pour le soir pour qu'ils viennent prendre l'apéritif à bord. Mais avant d'arriver à  bord, ils ont pris un acompte chez une cousine de Big Mama qui leur a servit la même mixture! No comment, mais grosse rigolade toute la soirée....

Dégustation de boissons locales. Photo Alain K.

TOBAGO CAYS, 28 au 30 janvier

On ne peut pas visiter les Grenadines sans aller aux Tobago Cays. Cet ensemble de quatre petits ilots inhabités représente l'archétype des iles des tropiques: eaux transparentes avec toutes les nuances de bleu, plage et fond sous marin de sable blanc, cocotiers, tortues de mer.....

Nous nous amarrons sur une bouée dans le fort courant entre l'île de Petit Rameau et celle de Petit Bateau. Quelques heures après notre arrivée, nous retrouvons les Kusupa et un de leurs bateaux amis, Anthéos. Le soir, nous nous retrouvons tous sur la plage pour une soirée barbecue. Mais les traditionnelles saucisses-merguez sont remplacées par des langoustes: c'est bien aussi! Ce sont les pêcheurs, venus de l'île d'Union, qui organisent les barbecues avec chacun leur "cuisine" installée en retrait de la plage.

Le lendemain matin, nous partons avec les trois annexes découvrir l'îlot Baradal, où une zone est interdite de mouillage pour préserver l'environnement des tortues. Sur l'îlot, nous voyons plusieurs iguanes et ensuite, sous l'eau les premières tortues: les deux sont magnifiques!

Au mouillage entre Petit Bateau et Petit Rameau

iguane, îlot Baradal

Photo Alain K.

Après cette première découverte, l'après-midi nous reprenons les annexes pour aller voir la barrière de corail. Quelques bouées sont mouillées à l'intérieur de la barrière de corail et nous y amarrons les annexes. Puis, tout le monde à l'eau, et nous passons à la nage au dessus de la barrière. Les fonds passent alors de 3-4 mètres à un seul, puis à ...20 mètres! Nous y trouvons alors les poissons que nous avons davantage l'habitude de voir dans les aquariums. Mais, gros dommage, le corail semble mort...

Près de la barrière de corail. Photo Alain K.

La barrière de corail. Photo Alain K.

Pour continuer notre exploration des Tobago, le lendemain nous embarquons tous un pique-nique et cap sur sur le dernier îlot, Jamsby. L'îlot culmine à 20 mètres et de là nous avons une vue magnifique sur l'archipel. L'après-midi nous essaierons de repasser la barrière de corail mais le courant est assez fort et seuls les meilleurs nageurs (dont je ne suis pas!) y arriveront.

Pique-nique sur la plage de Jamsby

Vue depuis Jamsby

Pour terminer en beauté cette super journée, Françoise et moi décidons d'aller boire un ti punch sur la plage où ont lieu les barbecues,  chez "Big Mama". Le ti punch est bon, mais fort, mais bon...Donc nous en prenons un deuxième: erreur fatale que nous réalisons quand nous nous levons de table pour rejoindre l'annexe!

Bien que nous ayons certainement dépassé de loin les 0,5g autorisés, nous ramenons sur leur bateau un couple en panne d'annexe. Arrivés sur Kerpage, Françoise ira directement se coucher et mettra plus de 36 heures à s'en remettre! Quelques jours plus tard, Alain nous dira qu'il nous a parlé quand nous sommes arrivés près de notre annexe, mais je ne m'en souviens pas...Le ti punch n'est pas bon pour la mémoire! C'est sans doute dans le bistrot sur la plage de Canouan que va s'approvisionner Big Mama...

CANOUAN, 26 et 27 janvier

Après Mustique, cap vers Canouan où nous mouillons à  Charleston Bay.La zone de mouillage se trouve devant une belle plage où le ponton du restaurant de luxe sert de débarcadère pour les annexes. Près de là, un petit bar sympa sur la plage propose un rhum "extra strong": 84°...

Un matin, nous partons pour une balade à pied d'abord sous le soleil, puis sous la pluie, le long de petites routes très escarpées. Françoise a adoré...Après avoir croisé beaucoup de tortues nous arrivons devant l'entrée d'un "resort" luxueux où des vigiles nous annoncent sans sourires que nous ne sommes pas les bienvenus. Demi tour donc, mais sur le retour nous trouvons un petit chemin qui nous permet de descendre sur la plage: la plage pour nous seuls avec pour seule limite la barrière de corail. Pas mal...

L'après-midi, nouvelle  excursion vers un autre secteur. A proximité du petit aéroport, une barrière marque l'entrée du yacht club. Là aussi un vigile garde l'entrée mais beaucoup plus sympa que les précédents, il me laisse entrer sans problème (Françoise préfère une séance  de méditation en compagnie de quelques ruminants).

Après avoir franchi l'entrée du yacht club, une route mène à une immense marina toute neuve. Le bassin de plusieurs centaines de mètres de long est bordé de pelouses, plantations et pas un brin d'herbe ne dépasse. Et pour faire "vivre" cette marina, j'ai compté...7 bateaux. Visiblement ici, le problème des places de port n'est pas le même qu'en France!

Hôtel "accès interdit"!

La marina, à droite de la photo

Bar sur la plage

MUSTIQUE, 25 janvier

Après Béquia, direction Canouan.Mais en regardant de plus près la carte nous nous apercevons qu'assez proche de notre route se trouve l'île des milliardaires, Mustique.

Nous décidons d'aller rendre visite à quelques célébrités mais les conditions d'accueil sont drastiques: bouée obligatoire à 220$EC la nuit (environ 75€), accès autorisé uniquement sur la magnifique plage mais qui n'est pas du tout pratique pour la baignade (cailloux). Nous avons quand même le droit d'aller dépenser nos dollars EC au Basil Bar mais aucun ami milliardaire ne s'y trouve! Nous rencontrerons seulement quelques tortues...

Le lendemain matin, surprise au réveil : tout le carré, planchers, banquettes, est couvert de petits morceaux de bananes déchiquetées! Seule explication: nous avons laissé des bananes sous la capote et des oiseaux sont venus les manger à l'intérieur du bateau. Bizarre quand même que nous n'ayons rien entendu! Donc, après le petit déjeuner, corvée de ménage, mais heureusement que les banquettes étaient protégées par des serviettes.

Sur la plage de Mustique

Sur la pelouse près de la plage

Au Basil Bar

BEQUIA, 22 au 24 janvier et 4 février

A Béquia (se prononce béqoué) nous retrouvons Lily et Alain et leur fille Alix que j'avais connus au Cap Vert. Nous mouillons prės de leur bateau, Kusupa, et ils nous donnent toutes les informations utiles pour la découverte des environs.

Port Elizabeth est une bourgade où de nombreuses échopes d'artisanat, de vente de légumes et de bars s'étirent au fond du port. Nous y resterons un jour de plus que prévu car un matin, après un réveil précoce nous annulons notre départ. Le vent souffle assez fort et nous craignons en relevant notre mouillage d'aller dériver vers d'autres bateaux assez proches. Donc ce jour là baignade obligatoire et Françoise en profitera pour revenir à la nage de la plage au bateau!

Sur la route du retour, nous reviendrons à Béquia faire notre clearance de sortie des Grenadines avant de remonter à Ste Lucie.

Mouillage de Port Elizabeth

Boutiques à Béquia

En annexe pour aller au ravitaillement !

SAINTE LUCIE, Rodney Bay, 21 janvier

Lundi 21, en début de matinée nous relevons la pioche et cap sur Sainte Lucie où nous arrivons 22 milles plus tard. Nous mouillons à Rodney Bay et nous descendons à terre faire les fameuses clearances (formalités d'entrée et de sortie de territoire). Alors que les bureaux des autorités se trouvent dans l'enceinte de la très chic marina, le contraste est saisissant avec les habitations très précaires qui la jouxtent. De retour à bord, nous préparons la prochaine étape qui doit nous amener à Bequia. Après avoir lu pas mal d'articles faisant état de problèmes de sécurité sur l'île suivante, Saint Vincent, je décide de ne pas nous y arrêter et de faire un direct Sainte Lucie-Bequia. Il y a 80 milles entre les deux et nous décidons de partir le mardi en début d'après-midi midi pour arriver le mercredi matin. Par acquis de conscience, je regarde les prévisions météos et je découvre que pas mal de vent est annoncé pour les 3-4 jours suivants. Après avoir tergiversés, nous décidons d'une courte sieste et nous mettons le réveil à sonner à minuit. À 0h45 nous quittons Rodney Bay et nous arrivons à 14h à Port Elizabeth, sur l'île de Bequia.

Départ vers les Grenadines, 20 janvier

Ma belle est arrivée samedi 19 à Fort de France. Dimanche, petite sortie de quelques milles pour aller se mettre au mouillage à Ste Anne et premiers bains pour elle.

Les Grenadines constituent un chapelet d'îles au sud de la Martinique, toutes relativement proches les unes des autres, et pour la suite nous avons défini notre programme; d'abord une descente rapide au sud de l'archipel en profitant du vent portant, puis une remontée au près mais par courtes étapes en prenant le temps de découvrir ces iles. 

En route vers de nouvelles aventures

Après la transat, Kerpage 2 avait besoin de travaux qui, pour lui redonner une santé, ont fait chauffer ma carte bancaire: changement de la bôme car le vit de mulet cassé était impossible à remplacer, reprise d'amorces de déchirures sur la grand voile, changement de la bande anti UV du génois, remplacement du régulateur de charge et des deux panneaux solaires souples par des rigides. Grâce à ce changement je peux enfin laisser fonctionner le frigo quand le bateau est au mouillage car le soleil antillais compense la consommation du groupe froid. Et quel plaisir en plein soleil de boire une bière fraîche!!!

Pleine lune au Marin

Soirée zouk, Le Marin