Retour aux Grenadines

Le 11 février, deux nouveaux équipiers de la bourse Vog avec Moi viennent me rejoindre au Marin, pour trois semaines. Elisabeth vient s'offrir une parenthèse ensoleillée dans l'hiver québécois et Gérard arrive de Dinan.

Le programme prévu est le même que la croisière avec Françoise, sauf que je veux en plus faire une escale sur l'île de Carriacou pour caréner le bateau. Les iles Grenadines sont en fait divisées en deux groupes. Toutes celles où nous nous sommes déjà arrétés dépendent de Saint Vincent mais Carriacou dépend de Grenade ainsi que Petite Martinique. Il faut donc faire des clearances d'entrée et sortie à chaque fois que l'on passe d'un groupe d'iles à l'autre. Non seulement c'est une perte de temps pour remplir ces formalités mais en plus ce n'est pas gratuit. Et il faut faire attention aux horaires d'ouverture des "Customs" pour ne pas payer "d'overtime" (taxe supplémentaire si on fait les formalités en dehors des heures normales d'ouverture des bureaux). Mais il est vrai que le tourisme est quasiment la seule source de revenus de toutes ces iles...

Le nouvel équipage

Si le programme est en partie similaire à la première croisière,les conditions ne sont pas du tout les mêmes: moins de soleil et surtout beaucoup plus de vent. Nous naviguerons toujours avec 15 à 25 noeuds de vent et souvent des rafales à 28-30 noeuds. La traversée du canal de Sainte Lucie à Saint Vincent sera l'occasion de ressortir les cirés (mais aussi harnais et longes) car nous nous ferons doucher à de nombreuses reprises!

Douches gratuites mais salées

Après le mouillage de Sainte Anne à La Martinique, nous nous arrêterons à Rodney Bay puis Marigot Bay à Sainte Lucie. Puis ce sera la traversée ventée et humide de Sainte Lucie à Port Elizabeth sur l'île de Béquia. Après 62 milles, à notre arrivée, pensée émue de notre pitoune pour la Queen...

Mouillage à Béquia. Photo Elizabeth F.

Nous ferons bien sûr une halte à Canouan, à la découverte d'un quartier populaire mais vivant, en haut du village. Contraste saisissant sur cette petite ile: à quelques centaines de mètres de ce village, où des cabanes plutôt que des maisons sont construites le long de la plage, sept avions sont en stand-by sur la piste de l'aérodrome. Probablement des clients de l'hôtel dont nous n'avons pas pu approcher avec Françoise...

Après Canouan, ce sera Clifton Harbour à Union. L'étape suivante étant Carriacou, je suis tenté un instant de faire l'économie de la clearance comme je prévois de revenir à Union après le carénage. Finalement nous nous rendons à l'aérodrome où se trouvent les "Customs". Une heure plus tard nous sommes délestés de 50$EC (environ 17€) pour l'overtime car nous sommes un dimanche, ce que ne prévoyait pas mon guide de navigation.

D'Union, nous filons à Tyrell Bay sur l'île de Carriacou, soit 10 milles seulement. Le lendemain matin le bateau sera mis au sec. Mais heureusement que les clearances sont à jour car ce sera la première question de la responsable du chantier!

La barbouille! Photo Elisabeth F.

Super lune à Carriacou, le 19 février

Super lune le 19 février

J'avais choisi Carriacou pour refaire l'antifouling en raison des tarifs beaucoup moins élevés qu'au Marin pour la mise au sec. Chantier très bien tenu, manutentions impeccables avec un responsable de la manutention qui plonge sous le bateau pour vérifier l'emplacement des sangles avant le levage!

Avant la remise à l'eau du bateau. Photo Elisabeth F.

Entre l'antifouling et la remise à l'eau du bateau, nous avons le temps de faire un peu de tourisme grace à un mini bus collectif. Entassés entre 15 ou 20 collégiens, nous découvrons au nord de l'ile un chantier naval traditionnel qui construit des chaloupes en bois. Un bateau de 15-20 mètres est en construction et deux hommes nous disent être les derniers charpentiers de l'île. Il leur faut 9 mois pour construire un tel navire.

Les collégiens, eux, après  être descendus du mini bus embarquent sur un bateau qui les ramène chez eux, à Petite Martinique. 

Bateau traditionnel en construction

Épave, entre Carriacou et Petite Martinique

De retour à  Hillsborough, le chef lieu de l'ile, nous déambulons dans les rues de cette bourgade qui ne semble pas encore ouverte à la villégiature, malgré un office de tourisme pimpant.

L'office de tourisme

Bar le long de la plage

De Carriacou nous retournons à Union, puis le lendemain aux Tobago Cays. Nous mouillons la pioche à l'est de Petit Rameau, en espérant être un peu protégé du vent et du clapot. Le soir, langoustes grillées obligatoires sur la plage! Nous prenons le ti-punch évidemment chez Big Mama, mais il est beaucoup plus soft que la fois précédente.

Barbecue sur la plage. Photo Elisabeth F.

Les cuisines des Tobago. Photo Elisabeth F.

L'après-midi de notre arrivée nous allons sur l'île de Baradal pour voir les iguanes et nous baigner. Mais la mer agitée depuis plusieurs jours à rendu l'eau moins limpide et nous ne voyons que très peu de poissons et aucune tortue.

Le lendemain matin, nous tentons une excursion à Jamesby mais il y a vraiment trop de vent et de clapot pour l'annexe. Alors, arrivés à la pointe de Petit Bateau, par prudence je préfère faire demi-tour et retourner au bateau.

Le mouillage étant agité, nous décidons de quitter les Tobago un jour plus tôt que ce que nous avions prévu, pour aller à Mayreau distante seulement de trois milles. Lors du précédent passage avec Françoise, nous étions peut-être une centaine de bateaux sur les bouées et au mouillage. Quand nous relevons la pioche ce matin là, nous ne sommes que sept.

A Mayreau, Salt Whistle Bay est toujours aussi belle. Mais la houle engendrée par le vent qui souffle assez fort depuis plusieurs jours contourne la pointe nord et rend le mouillage très rouleur.

Le 25 février, nous quittons Mayreau, direction Béquia distante de 28 milles. Ce sera du près bon plein avec 25 noeuds établis et des rafales à 28-30 noeuds. Jusqu'ici quand le vent montait j'affalais la grand voile et je naviguais avec la trinquette et l'artimon. Aujourd'hui j'essaie une nouvelle combinaison: trinquette, gv avec un ou deux ris et sans l'artimon. Et le bateau est beaucoup plus facile et agréable à  la barre.

Béquia, entrée de Port Elizabeth

Pour poursuivre notre retour vers La Martinique, malgré mes réticences initiales nous nous arrêtons à  Wallilabou Bay, sur l'île de Saint Vincent. Je souhaitais éviter cette ile après avoir lu de nombreuses mises en garde sur internet, mais aussi sur mon guide de navigation, concernant la sécurité mais aussi les boats boys parfois très...insistants.  Mais si finalement nous nous arrêtons à Wallilabou Bay, c'est parce que les photos de mon guide sont prometteuses. Et que cette baie a servit de décor au film " Pirate des Caraïbes ".

Si nous ne ressentons aucun problème de sécurité pendant notre brève escale (nous sommes une dizaine de bateaux au mouillage), les boats boys sont effectivement très pressants. L'un d'eux nous attend à un mille de la baie pour nous proposer une bouée. Arrivés sur place, trois de ses collègues veulent absolument nous vendre des fruits et légumes et des colifichets. Après l'amarrage, le premier boat boy nous demande une bière. Puis il revient nous vendre du poisson. Nous nous mettons d'accord sur un prix et ensuite il demande un supplément pour le service...Elisabeth finira par acheter un bracelet pour se débarrasser de son vendeur et nous devrons dire  "stop" pour arrêter leurs réclamations.

 

Fryderyk Chopin, notre voisin de mouillage à Wallilabou Bay

L'accueil à Wallilabou

Wallilabou Bay

L'après-midi, nous partons à pied à la découverte des "Walter falls" figurant sur une carte et dont nous ont parlé également les boats boys (ils voulaient nous vendre l'excursion). Après un kilomètre à pied, nous découvrons la chute d'eau de...1,50 mètres ! Mais le cadre est entretenu et bien aménagé par une administration locale. Et c'est rafraîchissant quand il fait 26° ou 28° d'entendre l'eau couler!

Mais le manque de lumière sans doute, et le sable noir sûrement, feront que je trouverai cette baie infiniment moins jolie que celles de Marigot ou Salt Whistle...

Wallilabou, Walter Falls. Arbre tentaculaire au dessus d'un ponceau

Wallilabou, Walter Falls

Nous quittons Saint Vincent le 28 février. Puis après une étape  à Marigot Bay, nous sommes de retour au Marin le 1er mars. Ça tombe bien, Elisabeth à son avion le 2! Je crois que tout le monde est content de la balade, et Gérard et moi avons enrichi notre dictionnaire franco-québécois!