SAINT MARTIN, depuis le 9 avril

St Martin  sera le point de départ pour la transat retour. Nous y sommes arrivés avec Pierre le 9 avril.

Initialement j'avais prévu depuis St Martin, et avant la transat retour, une excursion vers les Îles Vierges Britanniques distantes de 80 milles à  l'ouest. Mais le manque d'équipier et donc la perspective, fatigante, de devoir faire au retour du près en solo pendant 150 milles m'incitent à  rester sur place. J'en profite pour bricoler (un peu) et lézarder (beaucoup).

L'ile qui a tant souffert du cyclone Irma  il y a presque 18 mois est loin d'avoir pansé toutes ses plaies. Mais les dégâts restent beaucoup plus visibles du côté français que du côté hollandais. La partie hollandaise, beaucoup plus active, dynamique (il y a 20 casinos!) s'est mise à la reconstruction beaucoup plus vite que du côté français. Autre bizarrerie: alors que l'île se trouve sous les tropiques, après la réfection de nombreuses  toitures, je n'ai quasiment pas vu de panneaux solaires...

Vue sur Marigot, côté français

Philipsburg, côté hollandais

Le bricolage se limite à l'entretien courant, le remplacement de l'écoute de grand voile et la réfection  de l'antidérapant du fond du cockpit; mais aussi, en prévision de la transat, à quelques exercices pratiques de mitron! Pour la transat aller, Michel nous avait amené quelques miches...solides. Maintenant mes résultats commencent à   être acceptables...Mes équipiers confirmeront (ou pas) dans quelques semaines!

Essai n°3

Aujourd'hui  lundi 29 avril. Didier est arrivé  hier et Benoît cet après-midi. L' avitaillement est bien avancé  et tous les coffres du bateau se remplissent. Demain nous complėteront par les produits frais, au moins pour quelques jours.

Le départ est prévu pour mercredi 1er mai et un premier contact avec Michel, notre routeur, confirme un départ  au près, cap au nord-nord est.

SAINT BARTH, 7 et 8 avril

Après  les 28 milles qui séparent Statia de St Barth, nous arrivons un dimanche à  Gustavia. Tout est fermé à l'exception  d'un bateau de la marine nationale qui organise une journée  porte ouverte. La visite du bateau nous permet d'avoir une belle vue sur le port de Gustavia.

Le port de Gustavia

Au mouillage à l'extérieur du port

Le lendemain, pour visiter l'île nous louons un scooter. Après quelques kilomètres...incertains, Pierre à la machine en main et en quelques heures nous faisons le tour de cette petite ile. La route est tortueuse, souvent très escarpée mais nous sommes surpris par les bouchons en traversant chaque petite commune!

Le midi, pour piqueniquer, nous nous arrétons à Lorient (ça me rappelle le pays). Nous nous installons sous un gros arbre à l'entrée du cimetière et, un peu intrigués par toutes les allées et venues, nous réalisons que nous sommes à  50 mètres de la tombe de Johnny! Petite visite obligatoire pour admirer les témoignages de ses fans...Mais si Johnny se trouve six pieds sous terre, il y en a un qui lui a bien les pieds sur terre: le patron du fast food riverain!

Les affaires doivent marcher avec une telle tête d'affiche!

Ici aussi, à  part Jojo, nous ne croiserons aucun milliardaire de nos connaissances. Pourtant quelques achats dans la supérette de Gustavia nous confirmerons que si, nous sommes bien sur l'ile des milliardaires!

"Là,  tout n'est qu'ordre et beauté

Luxe, calme et volupté"

Ce n'est pas de moi évidemment! (ni de Jojo)

STATIA, 4 au 6 avril

Statia, ou Saint Eustache, est une petite ile néerlandaise un peu à l'écart des routes habituelles de navigation dans l'archipel antillais. C'est pourquoi nous ne serons que trois ou quatre bateaux à mouiller simultanément dans la baie d'Oranje, la capitale.

Tradition hollandaise oblige, le village est propre, les maisons colorées et fraîchement repeintes; et plus surprenant, les trottoirs ou façades de bâtiments en briques alors que sur cette ile volcanique il n'y a pas d'argile. Autre curiosité,  Statia et sa voisine Saba (également néerlandaise) comptent moins de 5000 habitants mais ont leur propre monnaie, le florin antillais. Pourtant, concrètement tous les prix sont en dollars US.

Rue d'Oranje

Sculptures devant un bâtiment officiel

Le lendemain de  notre arrivée,  nous faisons un aller-retour à  Saba, distante de 18 milles, pour débarquer Philippe qui doit rejoindre Saint Martin  pour rentrer en France (Il n'y a pas de ferry pour Statia-St Martin). Le port de Saba est minuscule, et avec 15-20 nd de vent de travers, pas question d'essayer de s'amarrer à  la petite jetée. C'est donc avec l'annexe que je conduits Philippe  à terre pendant que Pierre fait des ronds dans l'eau avec le bateau.

La côte sauvage mais inhospitaliere de Saba

De retour à Statia, sur les conseils de Caroline, une française qui gère un club de plongée, Pierre et moi décidons de partir à l'assaut du volcan qui surplombe l'ile; 600 mètres de dénivelé pour atteindre le sommet puis 100 ou 150 mètres pour descendre à l'intérieur du cratère. Du sommet, nous avons une vue magnifique sur toute la baie d'Oranje et ensuite l'intérieur du cratère me plonge en pleine forêt équatoriale. Heureusement, un chemin balisé me permet de découvrir quelques arbres magnifiques. 

Depuis le sommet de The Quill

Dans le cratère du volcan

Avant notre randonnée,  comme nous étions un samedi, nous sommes passés régler les formalités avant notre départ prévu le lendemain. La douanière avait à  peine une heure de retard sur l'heure affichée d'ouverture du bureau. Normal...

SAINT KITTS, 2 et 3 avril

Saint Kitts et Nevis constituent le même état et nous n'avons donc pas de clearance à remplir en arrivant. Mais il en faudra une en sortant.

L'après-midi de notre arrivée, nous arpentons les rues de Basse Terre, qui est la capitale. Le port accueille des paquebots de croisières et ici aussi quelques rues commerçantes sont ouvertes uniquement pour ces passagers. Vers 17h, quand le paquebot quitte son quai, tous les commerces ferment. Nous, nous passons une grande partie de l'après-midi à essayer de trouver une voiture à  louer à  un tarif raisonnable pour le lendemain. C'est un employé de l'office de tourisme très sympa, et qui parle français, qui règlera notre problème grâce à  un de ses amis...

Le musée de Basse Terre

Rendez-vous est donc pris pour le lendemain à 9h pour louer une voiture pour la journée. Mais, pour conduire à  St Kitts, il faut une licence qui, très logiquement est délivrée....à la caserne de pompier! Philippe se dévoue pour conduire (à  gauche bien sûr) et nous partons faire le tour de l'île. Nous nous arrêtons pour visiter une fabrique de batik qui s'avère n'être qu'un magasin de vente et quelques vestiges d'anciennes distillerie de rhum jalonnent la route.

Le tour de l'île est un peu décevant car la route n'est pas proche de la cote et nous traversons de nombreux hameaux qui sont très loin de connaître l'opulence. Aucun site ne donne vraiment envie de s'arrêter. 

Retour donc à Basse Terre et en prévision de notre départ le lendemain matin, nous décidons de remplir les formalités de sortie du territoire. D'abord visite à  la douane où le gabelou de service nous indique très gentiment mais très approximativement où se trouve le bureau de l'immigration que nous devons visiter ensuite. Après une déambulation dans le quartier, nous trouvons enfin ce bureau mais seulement 10 minutes avant l'heure de fermeture...Moment grandiose: nous sommes reçus  par un dragon déguisé en femme qui nous hurle dessus quand nous ne comprenons pas  la question qu'elle nous pose! Puis quelques minutes plus tard (ouf, juste avant l'heure de fermeture!) sa gracieuseté nous aboie que nous devons sortir de son bureau! Une de ses collègues  sortira avec nous pour nous confirmer que nos formalités sont terminées...

Péninsule sud de Saint Kitts

NEVIS, 1er avril

Mes équipiers ayant envie d'une navigation de nuit, nous mettons le cap à l'ouest le 31 mars vers 21h30. 45 milles séparent Antigua de Nevis mais malheureusement le vent sera aux abonnés absents jusqu'à 3h30 du matin. Ce sera donc la risée gas oil qui nous fera avancer.

Arrivés à Charlestown, la capitale de Nevis, nous nous rendons aux bureaux des autorités pour remplir les sempiternelles formalités. Deux passages dans chacun des trois bureaux et deux heures de patience seront nécessaires pour obtenir la fameuse clearance d'entrée...Ensuite, balade à pied dans la petite ville qui est sûrement un paradis fiscal étant donné le nombre de banques qui bordent une des rues.

Fresque près du port

Commerce à Charlestown

L'après-midi, une autre promenade nous amène à une source d'eau chaude où plusieurs petits bassins ont été aménagés pour le bain. Seul problème, c'est que l'eau est sûrement au moins à 45° et le bain est donc bref!

Baignoire en plein air!

Carib la bière locale, avant ou après le bain!

EN ROUTE POUR ANTIGUA, 29 au 31 mars

A Pointe à Pitre Philippe et Pierre me rejoignent pour remonter vers les hautes latitudes. Saint Martin est à 18° nord...

Après une première escale aux Saintes, nous nous arrêtons ensuite à Deshaies qui se situe sur la pointe nord ouest de la Guadeloupe. Le mouillage est sûr, la baie bien protégée mais de violentes rafales de vent soufflent toute la nuit. Par sécurité, le matin je décide de partir avec la trinquette et deux ris dans la grand voile en prévision de la traversée du canal entre la Guadeloupe et Antigua. Finalement le vent se calmera et nous pourrons larguer les ris et envoyer l'artimon pour une belle navigation au vent de travers.

A Antigua, English Harbour est un trou à cyclone réputé car le bras de mer qui conduit au port décrit un S qui casse la houle venant du large. Mais c'était surtout le repaire de l'amiral Nelson à la fin du 18ème. Il y a plus de 20 ans, j'étais venu à Antigua et j'avais été fasciné par ce port dont l'accès était quasiment invisible depuis le large. Depuis, développement de la plaisance oblige, de nombreux bateaux (dont Kerpage 2) plantent la pioche à l'entrée de l'accès, ce qui "casse" le mythe de l'entrée secrète...Ce port est aussi réputé pour être un port d'attache de nombreux voiliers luxueux.

 

Accès à English Harbour

Nelson's Dockyard, l'ancien arsenal

Depuis English Harbour, un bus nous amène à St John, la capitale d'Antigua. Après le luxe exubérant des voiliers et yachts de la marina, St John est plus représentatif du niveau de vie très modeste sur ces iles ensoleillées. Mais comme le port accueille aussi des paquebots de croisiéristes, une rue entière est bordée de commerces uniquement destinées à ces touristes.

Sur le marché de St John

Corvée de pluches!

Après English Harbour, nous nous rendons à Jolly Harbour, distant d'une quinzaine de milles. La baie est calme et bien protégée mais la marina est complètement artificielle. Et des dizaines de maisons (plutôt moches!) ont été construites les pieds dans l'eau mais avec chacune son ponton privé. Le bateau est amarré dans le jardin...Un petit tour dans le supermarché de la marina et la lecture des tarifs affichés nous fait vite comprendre que nous ne sommes pas le coeur de cible de la boutique!

Marina de Jolly Harbour